Sommaire
- Qu’est-ce que le contrat de mise à disposition en travail temporaire ?
- Mentions obligatoires et délai de signature du contrat de mise à disposition
- Motifs de recours et durée maximale de la mise à disposition
- Salaire, responsabilités et obligations des parties au contrat de travail temporaire
- Foire aux questions
Ce cadre juridique organise la relation entre l’entreprise de travail temporaire, l’entreprise utilisatrice et le salarié intérimaire.
Qu’est-ce que le contrat de mise à disposition en travail temporaire ?
Le recours au travail temporaire s’appuie sur un mécanisme clair. Il réunit trois acteurs et deux contrats distincts mais liés. Bien maîtrisé, ce dispositif permet à l’entreprise utilisatrice de répondre à un besoin ponctuel de travail tout en limitant le risque juridique, notamment en cas de recours mal justifié.

Définition et nature juridique du contrat de mise à disposition
Le contrat de mise à disposition est un contrat commercial conclu entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice. Ce contrat écrit est obligatoire. Il formalise la mise à disposition temporaire d’un travailleur temporaire pour une mission d’intérim précise, pendant une durée déterminée ou déterminable selon le motif de recours.
Ce document, établi par écrit pour chaque mise à disposition, encadre les obligations des parties pendant toute la durée d’exécution. Il ne s’agit pas du contrat liant l’employeur au salarié intérimaire, mais bien d’un contrat commercial entre deux entreprises. En pratique, plusieurs éléments en définissent la portée :
- Un contrat commercial : il lie l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice.
- Un écrit obligatoire : le contrat écrit constitue une exigence légale.
- Un objet limité : il ne peut pas servir à pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice.
- Une liberté d’embauche préservée : toute clause interdisant l’embauche ultérieure du salarié intérimaire est réputée non écrite.
Différence entre contrat de mise à disposition et contrat de mission
Chaque mission d’intérim repose sur deux actes distincts. D’un côté, le contrat de mission est signé entre le salarié intérimaire et l’entreprise de travail temporaire, qui reste son employeur. De l’autre, le contrat de mise à disposition est conclu entre cette même entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice.
Les deux documents doivent être cohérents. Le contrat de mission reprend les informations essentielles du contrat de mise à disposition : motif de recours, poste, qualification, lieu de travail, horaires, durée et conditions de la mission. En cas d’écart, le recours à l’intérim peut être contesté et exposer les parties à une requalification.
Structure tripartite du travail temporaire
Le travail temporaire repose sur une organisation tripartite. L’entreprise de travail temporaire recrute le travailleur temporaire, signe le contrat de mission, assure la gestion administrative et verse la rémunération en qualité d’employeur. L’entreprise utilisatrice encadre le travail au quotidien et veille aux conditions d’exécution de la mission sur son site.
Cette répartition permet une flexibilité utile, sans transférer intégralement le statut d’employeur à l’entreprise utilisatrice. Elle suppose toutefois un recours encadré, un contrat écrit conforme et une mise à disposition temporaire strictement justifiée.
Mentions obligatoires et délai de signature du contrat de mise à disposition
Pour qu’un contrat de travail temporaire reste valable, le Code du travail impose un formalisme précis. Si l’ entreprise utilisatrice ne respecte pas l’une de ces règles, la mission peut être requalifiée en CDI, avec à la clé le versement de salaires et d’indemnités de rupture.

Le délai légal de signature du contrat de mise à disposition
Le délai de signature du contrat de mise à disposition ne dépasse jamais deux jours ouvrables après l’arrivée du salarié. Passé ce délai, le document est nul. Le texte officiel se trouve ici : contrat de mise à disposition.
Du côté de l’intérimaire, le contrat de mission suit la même règle : il doit être remis par écrit dans les 48 heures suivant la prise de poste.
Les mentions obligatoires du contrat de travail temporaire
Qu’il s’agisse du contrat de mise à disposition ou du contrat de mission, la loi liste des informations imposées par la loi :
- Identification et motif de recours : parties, motif légal, nom et qualification du salarié éventuellement remplacé.
- Conditions de travail : qualification recherchée, lieu, horaires, équipements de protection, risques éventuels liés au poste.
- Rémunération et couverture sociale : salaire détaillé, coordonnées de la caisse de retraite complémentaire, organisme de prévoyance et service de santé au travail.
Pour en savoir plus sur la nature tripartite du contrat, les durées maximales selon le motif, les obligations de sécurité et les sanctions, nous vous renvoyons à ce guide : contrat de mise à disposition.
Modifier la mise à disposition : l’avenant obligatoire
Toute évolution de la mission, durée, horaires ou changement de poste, passe par un avenant signé par les trois parties. Si le salarié est affecté à un autre emploi, un nouveau contrat s’impose : chaque fonction correspond à une qualification, une rémunération et des exigences de sécurité propres.
Motifs de recours et durée maximale de la mise à disposition

Quels sont les motifs légaux de recours au travail temporaire ?
Le recours au travail temporaire n’est autorisé que dans des cas limités. En pratique, le contrat d’intérim de 18 mois concerne le plus souvent le remplacement d’un salarié ou un accroissement temporaire d’activité, mais d’autres situations sont également prévues par la loi.
- Remplacement d’un salarié : absence pour maladie, congé maternité, formation, passage à temps partiel, ou attente de l’arrivée effective d’un salarié recruté en CDI.
- Accroissement temporaire d’activité : hausse ponctuelle de la charge de travail, sans lien avec l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice.
- Emplois saisonniers : besoins de main-d’œuvre liés à des cycles naturels, commerciaux ou agricoles, récurrents et prévisibles.
- Travaux urgents de sécurité : intervention immédiate rendue nécessaire par des mesures de sécurité à mettre en œuvre sur site.
Certains cas de recours sont interdits. Il est notamment impossible d’utiliser l’intérim pour le remplacement d’un salarié dont le contrat est suspendu à la suite d’une grève, pour certains travaux dangereux listés par la réglementation, ou pour pourvoir un poste supprimé après un licenciement économique intervenu dans les six mois précédents. Dans ces hypothèses, le risque de requalification de la relation de travail est immédiat.
Durée maximale du contrat intérim selon le motif
La durée de la mise à disposition dépend directement du motif de recours. Le renouvellement reste possible dans un cadre précis, mais la durée maximale du contrat, renouvellement inclus, doit toujours être respectée. À défaut, l’entreprise s’expose à des sanctions et à une remise en cause du contrat.
La vigilance est particulièrement forte lorsque la mission se poursuit après le terme précis prévu, sans nouveau contrat ni avenant signé dans les règles. Dans ce cas, la requalification en CDI peut être prononcée, avec une ancienneté recalculée dès le premier jour de travail.
| Motif de recours | Durée maximale du contrat | Terme précis obligatoire | Renouvellement |
| Remplacement d’un salarié absent / accroissement d’activité | 18 mois (renouvellement inclus) | Oui (accroissement) / Non (remplacement absence) | 2 fois maximum |
| Attente de prise de poste CDI / travaux urgents sécurité | 9 mois | Selon les cas | Limité à la durée maximale |
| Mission à l’étranger / commande exceptionnelle export | 24 mois (minimum 6 mois) | Oui | Dans la limite des 24 mois |
| CDI intérimaire (CDII) | 36 mois par mission | Variable | Non applicable |
Qu’il s’agisse d’un remplacement, d’un surcroît d’activité ou d’une mission à l’étranger, le respect du terme précis, des règles de renouvellement et de la durée maximale du contrat reste la meilleure protection pour l’entreprise utilisatrice.
Salaire, responsabilités et obligations des parties au contrat de travail temporaire
Le contrat de travail temporaire repose sur un cadre précis. Chaque acteur a des obligations claires : l’agence d’ intérim, l’ entreprise utilisatrice et le salarié intérimaire.
Rémunération du salarié intérimaire et indemnités de fin de mission
Le principe d’égalité de traitement encadre le contrat intérim salaire. Concrètement, le salarié intérimaire doit percevoir une rémunération au moins équivalente à celle qu’un salarié de qualification comparable toucherait sur le même poste de travail dans l’entreprise, une fois la période d’essai dépassée. Cela inclut le salaire de base, mais aussi les primes et accessoires de salaire liés au poste.
À la fin de mission, deux indemnités s’ajoutent au salaire brut versé pendant la durée de la mission. Elles compensent la précarité propre au travail temporaire et figurent sur le dernier bulletin de paie :
- Indemnité de fin de mission : 10 % du salaire brut total perçu pendant la mission. Elle n’est pas due en cas d’embauche en CDI sur un poste équivalent, que celle-ci soit proposée par l’entreprise utilisatrice ou refusée par l’intérimaire.
- Indemnité compensatrice de congés payés : 10 % de la rémunération brute totale, versée à l’issue de chaque contrat.
Le site détaille le cadre juridique du contrat de mise à disposition, ainsi que les règles liées à la mise à disposition, à la rémunération, aux primes légales et au risque de requalification.
Obligations et responsabilités de l’entreprise utilisatrice
L’ entreprise utilisatrice assume la responsabilité civile des dommages causés par le salarié détaché dans une autre entreprise lorsqu’il agit sous son autorité. En cas d’accident du travail, elle doit effectuer les déclarations nécessaires dans les 24 heures auprès de l’agence, de l’inspection du travail et de l’Assurance Maladie.
Elle reste aussi responsable des conditions concrètes d’exécution du travail : organisation du temps de travail, repos, sécurité sur site, remise des équipements de protection individuelle et formation renforcée à la sécurité avant la prise de poste. Le salarié doit, de son côté, intervenir uniquement dans le périmètre prévu par la mission et conformément à sa qualification.
Détachement intérimaire à l’étranger et transition vers le CDI
Lorsqu’une mission implique un détachement intérimaire à l’étranger, la durée maximale peut atteindre 24 mois. La durée du contrat et les autres modalités doivent alors être vérifiées avec une vigilance particulière, au regard de la législation européenne et des conventions collectives applicables dans le pays d’accueil.
À l’issue de la mission d’intérim, une embauche en CDI ou en CDD peut intervenir dès le lendemain, sans délai de carence ni formalité préalable de rupture du contrat. La période d’essai du CDI est réduite de la durée des missions réalisées au cours des trois mois précédents.
Jusqu’à trois mois d’ancienneté acquis pendant l’intérim peuvent être pris en compte pour les droits liés à l’ancienneté, aux congés, aux primes et aux avantages conventionnels.
Foire aux questions
Qu’est-ce qu’un contrat de mise à disposition en intérim entre une entreprise et un salarié intérimaire ?
Le contrat de mise à disposition est un contrat commercial écrit conclu entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice. Il encadre la mise à disposition temporaire d’un salarié intérimaire sur un poste précis, pour un motif de recours déterminé, dans le cadre du travail temporaire. L’entreprise de travail temporaire demeure l’employeur. Elle assure notamment la gestion du contrat de travail temporaire, tandis que l’entreprise utilisatrice organise le travail au quotidien et veille aux conditions de sécurité. Ce document doit être établi au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant le début de la mise à disposition.
Quelle est la différence entre le contrat de mise à disposition et le contrat de mission en intérim ?
Les deux documents répondent à des fonctions différentes. Le contrat de mise à disposition règle la relation entre l’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice : il précise le recours à l’intérim, le motif de recours, la durée, les modalités d’exécution, le remplacement éventuel, la mise à disposition temporaire ainsi que la facturation. Le contrat de mission, aussi appelé contrat de travail temporaire, lie pour sa part l’employeur au salarié intérimaire. Il reprend les éléments essentiels de la mission et doit être remis dans les 48 heures suivant la prise de poste.
Quelle est la durée maximale du contrat de travail temporaire ?
La durée maximale du contrat dépend du motif de recours. En cas de remplacement d’un salarié absent ou d’accroissement temporaire d’activité, la durée maximale du contrat est en principe de 18 mois, renouvellement compris. Elle peut être limitée à 9 mois, notamment pour l’attente de l’arrivée d’un salarié recruté en CDI sur un poste donné ou pour certains travaux urgents liés à la sécurité. Dans d’autres situations, comme certaines missions à l’international ou des commandes exceptionnelles à l’export, la durée maximale peut aller jusqu’à 24 mois.





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