Sommaire
Pour toute entreprise qui doit répondre rapidement à un besoin de personnel tout en respectant ses obligations légales, il est essentiel de comprendre comment se passe l’embauche d’un intérimaire.
Les étapes pour recruter en intérim
Le recrutement en intérim repose sur une relation précise entre l’entreprise de travail temporaire, l’entreprise utilisatrice et le salarié.

Définir le besoin et le motif légal
Avant toute démarche, l’entreprise vérifie que son besoin correspond à un motif légal de recours à l’intérim : remplacement d’un salarié absent, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier ou emploi dit d’usage. Certaines conventions collectives prévoient des restrictions supplémentaires. Il faut donc les examiner en amont. Nous travaillons avec des agences d’intérim agréées et respectons ces critères afin d’éviter une requalification en CDI par les prud’hommes.
- Remplacement : absence pour maladie, congé maternité ou suspension du contrat d’un salarié permanent, avec une durée maximale de 18 mois.
- Accroissement temporaire : surcroît d’activité ponctuel, à condition qu’aucun licenciement économique n’ait eu lieu sur le poste dans les six mois précédents.
- Emploi saisonnier : activité récurrente liée aux saisons, limitée à 8 mois par an selon le code du travail.
- Attente d’un CDI : remplacement transitoire jusqu’à l’entrée en service d’un salarié nouvellement embauché, plafonné à 9 mois.
Une fois le motif validé, l’entreprise rédige une fiche de poste détaillée. Elle précise les missions, la qualification requise, le lieu de travail, les horaires, les conditions particulières et les risques éventuels. Ce document sert de base au contrat de mise à disposition et au contrat de mission conclus avec l’agence partenaire. Plus la demande est précise, plus le profil proposé est pertinent.
Sélectionner l’agence et le salarié
Le choix d’une agence spécialisée dans votre secteur facilite l’accès à des profils adaptés. Nous disposons d’un vivier de plus de 26 000 professionnels présélectionnés dans plus de 30 spécialités. Nous pouvons ainsi proposer un candidat qualifié en quelques jours, contre 4 à 12 semaines pour un recrutement classique en CDI. Les compétences recherchées par une entreprise de travail temporaire couvrent les métiers manuels qualifiés, les fonctions techniques et les professions tertiaires de haut niveau.
L’agence identifie les profils dans son vivier, sur les jobboards et via les réseaux sociaux. Elle organise ensuite des entretiens de présélection et, si nécessaire, des tests linguistiques ou psychotechniques. Pour le processus d’embauche d’un intérimaire, l’entreprise utilisatrice peut conduire un entretien de confirmation avant de valider définitivement le profil transmis par l’agence.
Valider la première étape du recrutement
Lorsque le profil est retenu, l’agence conclut simultanément le contrat de mise à disposition avec l’entreprise utilisatrice et le contrat de mission avec le salarié intérimaire. L’entreprise utilisatrice désigne alors un référent chargé d’accueillir l’intérimaire, de lui présenter son environnement de travail, les règles de sécurité et les équipements de protection individuelle.
Le délai moyen de mise à disposition d’un intérimaire qualifié ne dépasse pas 15 jours. Ce délai réduit les risques de rupture d’activité en cas de pic de commandes. Avant de finaliser la collaboration, nous vous invitons à consulter les droits des travailleurs intérimaires.
Le contrat de travail temporaire et la mission
Toute mission d’intérim repose sur deux contrats distincts, conclus presque simultanément : un contrat de mise à disposition entre l’entreprise de travail temporaire (ETT) et l’entreprise utilisatrice, ainsi qu’un contrat de mission entre l’ETT et le salarié intérimaire. Aucun contrat de travail direct ne lie le travailleur intérimaire à l’entreprise utilisatrice.

Les deux contrats obligatoires
Le contrat de travail temporaire comprend deux documents complémentaires et indissociables. Les professions qu’il est possible d’exercer en intérim sont aujourd’hui très variées : elles vont des métiers du bâtiment et de l’industrie à des fonctions qualifiées, comme celles d’expert-comptable ou d’infirmière. Chaque contrat doit être transmis dans un délai maximal de deux jours ouvrables après le début de la mission, sous peine d’une amende de 3 750 € par contrat envoyé hors délai.
- Motif précis Le contrat de mise à disposition et le contrat de mission doivent mentionner explicitement le motif légal du recours à l’intérim. Une formulation générale ne suffit pas.
- Rémunération Les deux documents précisent le salaire, les primes et les accessoires de paie applicables. Le salarié bénéficie ainsi d’une égalité de traitement avec les salariés permanents.
- Conditions de travail Le poste, la qualification, le lieu, les horaires et les risques éventuels figurent dans le contrat de mise à disposition, puis sont repris dans le contrat de mission.
- Protection sociale Le contrat de mission identifie les organismes de retraite complémentaire et de prévoyance afin d’assurer la couverture du salarié pendant toute la mission.
Le contrat de mission doit aussi préciser que l’embauche du salarié par l’entreprise utilisatrice à l’issue de la mission n’est pas interdite. Cette clause facilite une transition vers un CDI et sécurise juridiquement les deux parties. Lorsque la mission se déroule hors du territoire national, le contrat indique que le rapatriement relève de la responsabilité de l’entreprise de travail temporaire.
Durée, renouvellement et période d’essai
La durée du contrat de mission est encadrée par le Code du travail. Pour la plupart des motifs courants, la durée maximale atteint 18 mois, renouvellements compris. Un contrat à terme précis peut être renouvelé deux fois, à condition que sa durée totale respecte les limites légales. Un contrat sans date de fin peut également être conclu, s’il prévoit une durée minimale et un objet précis ; dans ce cas, la limite de 18 mois ne s’applique pas. Avant toute mise à disposition, consultez aussi la liste des travaux interdits aux intérimaires, notamment pour les postes dangereux soumis à une réglementation spécifique. La période d’essai prévue au contrat est de 2 jours maximum pour une mission d’un mois ou moins, de 3 jours pour une mission comprise entre un et deux mois, et de 5 jours au-delà.
Les limites du recours à l’intérim
Le Code du travail fixe plusieurs interdictions absolues que toute entreprise utilisatrice doit respecter afin d’éviter la requalification du contrat de travail temporaire en contrat à durée indéterminée.
- Remplacement de grévistes Il est interdit de recourir à l’intérim pour remplacer des salariés dont le contrat est suspendu en raison d’une grève.
- Médecin du travail Le poste de médecin du travail ne peut pas être occupé par un travailleur intérimaire, quelle que soit la durée du besoin.
- Travaux dangereux Certains postes exposés à des risques particuliers sont interdits aux intérimaires, conformément à une liste réglementaire.
- Délai de carence Un délai de carence obligatoire s’applique entre deux missions successives sur un même poste afin de limiter les usages abusifs du travail temporaire.
En cas de manquement, l’entreprise utilisatrice peut faire l’objet d’une requalification devant le conseil de prud’hommes. Le salarié serait alors reconnu comme embauché en CDI, avec les conséquences financières et sociales correspondantes. Pendant les six mois suivant un licenciement économique sur le poste concerné, le recours à l’intérim est exclu, sauf exception prévue par un accord collectif.
Droits de l’intérimaire et embauche en CDI
Le salarié intérimaire bénéficie d’un statut protecteur et de droits comparables à ceux d’un employé permanent, notamment en matière de rémunération, de sécurité et de protection sociale. À l’issue de la mission, l’entreprise utilisatrice peut lui proposer un nouveau contrat, en cdd ou en cdi, sans délai imposé, dans le respect du cadre légal.

Rémunération et indemnités de fin de contrat
L’intérimaire perçoit une rémunération au moins équivalente à celle d’un salarié permanent occupant un poste comparable et disposant d’une qualification similaire dans l’entreprise utilisatrice. Évaluer les compétences essentielles d’un intérimaire dès la présélection aide à vérifier l’adéquation entre le profil présenté et le niveau de rémunération applicable. L’égalité de traitement concerne également les avantages liés au poste, notamment les primes, les jours fériés payés et l’accès aux services collectifs.
- Indemnité de fin de mission Au terme de chaque mission, le salarié reçoit une indemnité représentant au moins 10 % de sa rémunération brute totale, sauf s’il est embauché immédiatement en CDI.
- Indemnité de congés payés Pour chaque mission accomplie, une indemnité compensatrice de congés correspondant à au moins 10 % de la rémunération brute totale est due. Elle inclut l’indemnité de fin de mission.
- Accessoires de salaire Les primes collectives, le 13e mois, la prime de vacances, les tickets-restaurant et le remboursement des frais de transport relèvent également du principe d’égalité de traitement.
- Jours fériés Les jours fériés sont rémunérés sans condition d’ancienneté lorsque les autres salariés de l’entreprise en bénéficient aussi.
L’indemnité de fin de mission n’est pas due lorsque l’intérimaire est embauché immédiatement en CDI sur un poste équivalent, avec une rémunération au moins égale. Elle n’est pas davantage versée si le salarié rompt lui-même son contrat de mission de manière anticipée sans motif valable. Les congés sont calculés à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, dans la limite de 30 jours par an.
Sécurité et intégration du salarié
L’entreprise utilisatrice assume la responsabilité des conditions de travail du salarié intérimaire dans ses locaux, comme elle le fait pour ses salariés permanents. Dès la prise de poste, elle doit organiser une formation à la sécurité, fournir les équipements de protection individuelle adaptés et informer clairement l’intérimaire des risques liés à sa fonction. Depuis le 1er janvier 2024, le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles est réparti à parts égales entre l’ETT et l’entreprise utilisatrice.
- Droit d’alerte et de retrait L’intérimaire peut se retirer d’une situation présentant un danger grave et imminent pour sa sécurité ou sa santé.
- Accidents du travail En cas d’accident, la prise en charge est identique à celle des salariés permanents. L’accident doit être signalé immédiatement à l’ETT, qui reste l’employeur légal.
- Formation professionnelle Chaque intérimaire cotise au titre du CPF et peut suivre une formation par l’intermédiaire du FAFTT, ce qui soutient le développement de ses droits tout au long de sa vie professionnelle.
La désignation d’un référent unique au sein de l’entreprise utilisatrice facilite l’accueil de l’intérimaire et améliore l’exécution de la mission. Une communication régulière entre ce référent, l’agence et le salarié permet de traiter rapidement les difficultés opérationnelles et de préparer la suite de la collaboration.
Passer de la mission au CDI
À la fin de sa mission, l’intérimaire peut recevoir une proposition de nouveau contrat, en CDD ou en CDI, dès le lendemain, sans délai de carence imposé. Pour embaucher légalement un intérimaire en CDI, l’entreprise utilisatrice doit lui proposer le même poste ou un poste similaire, avec une rémunération au moins équivalente, puis formaliser le nouveau contrat par écrit. Les missions effectuées au cours des trois mois précédant l’embauche sont prises en compte pour l’ancienneté, dans la limite de trois mois. Elles réduisent d’autant la période d’essai du CDI. Si le salarié refuse une offre de CDI qui respecte les critères légaux, il perd son droit à l’indemnité de fin de mission.
Foire aux questions
Comment se passe l’embauche d’un intérimaire concrètement ?
L’embauche d’un intérimaire suit une procédure structurée en plusieurs étapes. L’entreprise vérifie d’abord le motif légal de recours, rédige une fiche de poste précise et sélectionne une agence spécialisée, ou ETT. L’ETT conclut ensuite un contrat de mise à disposition avec l’entreprise utilisatrice, puis un contrat de mission avec le salarié. L’entreprise utilisatrice participe au choix du candidat et organise son accueil sur le poste avec un référent désigné.
Quels sont les motifs légaux pour recourir à l’intérim en France ?
Le recours à l’intérim est autorisé dans des situations précises définies par le Code du travail : remplacement d’un salarié absent, jusqu’à 18 mois, accroissement temporaire d’activité, jusqu’à 18 mois, emploi saisonnier, jusqu’à 8 mois, ou attente de l’arrivée d’un salarié embauché en CDI, jusqu’à 9 mois. En dehors de ces motifs, le contrat de travail temporaire peut être requalifié en CDI par les prud’hommes.
Quelle est la durée maximale d’un contrat de mission en intérim ?
Pour la grande majorité des motifs, la durée maximale d’un contrat de mission, renouvellements compris, est de 18 mois. Elle est ramenée à 9 mois dans cette situation, conformément au motif légal correspondant. Un contrat conclu sans date de fin précise, mais avec une durée minimale stipulée, échappe à cette limite de 18 mois. Il prend fin lorsque l’objet de la mission est réalisé.
Quelles indemnités un intérimaire perçoit-il à la fin de sa mission ?
À la fin de chaque mission, le salarié intérimaire perçoit en principe deux indemnités. La première est une indemnité de fin de mission d’au moins 10 % de la rémunération brute totale. La seconde correspond à une indemnité compensatrice de congés payés d’au moins 10 % de cette même rémunération, indemnité de fin de mission incluse. Ces sommes ne sont pas dues en cas d’embauche immédiate en CDI sur un poste équivalent, avec une rémunération au moins égale.
Est-il possible d’embaucher un intérimaire en CDI après sa mission ?
Oui. L’entreprise utilisatrice peut embaucher l’intérimaire en CDI dès le lendemain de la fin de la mission, sans délai de carence imposé. Elle doit proposer un poste équivalent, assorti d’une rémunération au moins égale, puis formaliser un nouveau contrat écrit. Les missions réalisées au cours des trois mois précédant l’embauche sont prises en compte dans l’ancienneté du salarié et réduisent la période d’essai du CDI à due concurrence.





No responses yet