Sommaire
Ce document présente les règles de conformité applicables aux travailleurs roumains : obligations administratives, cadre européen du détachement et démarches légales pour recruter en France.
Le cadre légal européen du travailleur détaché roumain en France
Le détachement des travailleurs roumains s’inscrit dans un cadre légal clair, défini par l’Union européenne puis intégré au droit français. Pour les entreprises, maîtriser ces règles permet de sécuriser le recrutement, le séjour des ressortissants roumains en France et l’ensemble des démarches légales.

Les directives européennes qui encadrent le détachement des travailleurs roumains
Les réglementations du travail de l’UE reposent d’abord sur la directive 96/71/CE. Ce texte fondateur impose l’application, dans le pays d’accueil, de règles essentielles en matière de rémunération, de temps de repos, de sécurité et de conditions de travail. Il a ensuite été complété par la directive européenne sur le détachement des travailleurs, puis renforcé lors de la révision de 2018.
La directive 2018/957/UE a marqué une évolution importante. Elle consacre un principe d’égalité de rémunération plus large, incluant notamment les primes, les bonus et certains avantages en nature. Depuis les réformes entrées en application en 2021, la durée du détachement est en principe limitée à 12 mois, avec une prolongation possible de 6 mois. Au-delà, le basculement vers le régime local s’impose.
Libre circulation, séjour et statut juridique des ressortissants roumains
Les ressortissants roumains bénéficient de la libre circulation au sein de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2014. En France, cela signifie qu’aucune autorisation de travail ni aucun visa n’est exigé pour exercer une activité salariée.
En pratique, un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité suffit pour justifier le droit au séjour et au travail. Le titre de séjour portant la mention relative aux citoyens de l’Union européenne reste facultatif. Cette situation distingue clairement les travailleurs roumains des ressortissants non européens, soumis à des démarches plus lourdes.
Recrutement conforme, sécurité sociale et distinction entre mobilité et installation durable
Pour piloter le recrutement, il faut distinguer deux situations. Le travailleur détaché roumain conserve en principe son contrat d’origine ainsi que son rattachement à la sécurité sociale de son pays. À l’inverse, un salarié qui s’installe durablement relève d’un autre régime. Cette différence structure l’ensemble des démarches légales, du droit applicable au traitement social.
En 2022, plus de 90 000 travailleurs roumains ont été détachés en France, principalement dans le bâtiment et l’agriculture.
Droits et protection du travailleur détaché roumain en France
En France, le travailleur détaché venu de Roumanie relève d’un cadre précis. Les travailleurs roumains détachés bénéficient des règles essentielles de la législation française en matière de rémunération, de temps de travail, de repos, de santé, de sécurité et d’égalité de traitement. L’employeur doit aussi effectuer la déclaration préalable sur le portail SIPSI auprès de la DREETS. Retrouvez le détail des travailleurs roumains détachés sur notre page dédiée.

La rémunération, le temps de travail et les congés applicables
Un salarié détaché roumain doit percevoir au minimum la rémunération prévue en France. Cela signifie, selon les cas, le SMIC ou le minimum conventionnel applicable au poste. Dans des secteurs comme le BTP, l’agriculture ou le transport, des conventions collectives peuvent imposer des montants supérieurs. Les travailleurs roumains détachés doivent également bénéficier des règles françaises sur la durée du travail, les repos obligatoires et les congés payés.
| Paramètre | Règle applicable en France |
| Durée légale du travail | 35 heures hebdomadaires |
| Heures supplémentaires | Majorations selon la législation française |
| Repos journalier | 11 heures consécutives minimum |
| Repos hebdomadaire | 24 heures consécutives, généralement le dimanche |
| Congés payés | 2,5 jours par mois travaillé, soit 30 jours par an |
| Rémunération minimale | SMIC en vigueur, révisé selon l’inflation |
La santé, la sécurité et l’égalité de traitement en Europe
Sur le terrain, les obligations de l’employeur sont concrètes. Un salarié détaché roumain doit travailler dans des conditions équivalentes à celles d’un salarié local occupant le même poste. Le droit français impose cette égalité, qu’il s’agisse de protection physique, d’accès aux équipements ou de traitement au quotidien.
- Équipements de protection individuelle (EPI) : casques, gants et chaussures de sécurité adaptés au secteur, fournis par l’employeur avant la prise de poste.
- Formation sécurité : information sur les risques liés au poste et consignes de prévention communiquées avant le début de la mission.
- Surveillance médicale : suivi de santé destiné à prévenir les risques professionnels et à vérifier l’aptitude au poste selon les règles applicables.
- Hygiène et conditions de vie : accès à des installations sanitaires, à des espaces de repos et à un environnement de travail conforme.
Le droit de grève, l’accès aux représentants du personnel et la protection contre les abus s’appliquent aussi. En parallèle, le formulaire A1 permet d’attester l’affiliation sociale dans le pays d’origine pendant le détachement. Ce formulaire A1 atteste ainsi l’affiliation sociale du travailleur pendant toute la durée du détachement, tandis que la France impose ses règles d’ordre public pour encadrer la mission.
Formalités et conformité pour recruter un travailleur détaché
Le statut de travailleur détaché encadre la mise à disposition temporaire d’un salarié dans un autre État de l’ Union européenne. Dans le cas d’un détaché roumain, le salarié conserve en principe son contrat de travail et sa protection sociale auprès de son employeur roumain, tout en devant respecter les règles applicables en France. Ce cadre repose sur les directives européennes de 1996, leur révision de 2018 et les réformes de 2021. Il vise un objectif simple : garantir des conditions de travail équitables, prévenir le dumping social et sécuriser la mobilité des compétences.
En pratique, les démarches légales imposent le respect de la rémunération minimale, du temps de travail, ainsi que des exigences de santé et de sécurité prévues par la législation française. Pour les entreprises qui recrutent des travailleurs roumains ou gèrent des Roumains en France dans le cadre d’une mission temporaire, la vigilance documentaire est donc essentielle. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre guide sur les travailleurs détachés roumains.

Déclarations obligatoires avant le détachement en France
Avant toute mission, les obligations de l’employeur commencent par la préparation des documents de détachement. Ces formalités doivent être finalisées avant l’arrivée du salarié sur le territoire.
- SIPSI : la déclaration préalable doit être effectuée via le portail dédié avant le début de la mission, avec l’identité du salarié, le secteur d’activité et les modalités d’intervention.
- Formulaire A1 : délivré par l’organisme roumain de protection sociale, il confirme le maintien de l’affiliation au régime roumain et évite une double cotisation. Les taux mentionnés restent de 31,5 % en Roumanie contre 51,7 % en France.
- Représentant légal en France : l’ employeur roumain doit désigner un interlocuteur local en mesure d’échanger avec l’inspection du travail, l’URSSAF et la DREETS.
L’ensemble des documents de détachement doit être conservé au minimum pendant trois ans : déclaration SIPSI, formulaire A1, contrat de travail rédigé en français, bulletins de salaire et justificatifs de cotisations. En cas de contrôle, l’absence de ces pièces expose l’entreprise à des amendes de 4 000 € par salarié, pouvant atteindre 8 000 € en cas de récidive. Pour les Roumains détachés, cette exigence documentaire est donc pleinement contraignante.
Comment vérifier les compétences des travailleurs roumains
Il faut aussi valider les compétences réelles des candidats avant leur prise de poste. Dans ce cadre, l’entreprise peut demander des diplômes, des certificats professionnels et des références d’anciens employeurs.
Dans les métiers réglementés, comme l’électricité, le gaz ou les ascenseurs, des habilitations spécifiques sont requises. Les travailleurs roumains concernés doivent pouvoir présenter une certification reconnue avant toute mission, conformément à la législation française et aux exigences de droit applicables au secteur.
Agence d’intérim et recrutement conforme à la législation européenne
Le recours à l’ intérim simplifie la gestion opérationnelle, sécurise les procédures et s’avère particulièrement adapté lorsque les délais sont courts et que les vérifications doivent être menées sans erreur.
Une agence spécialisée peut prendre en charge une grande partie des démarches légales : contrôle des habilitations, gestion des contrats, suivi des déclarations et coordination administrative. Elle permet aussi de mobiliser rapidement des profils opérationnels, parfois en moins de 15 jours, pour un coût horaire brut compris entre 15 € et 22 € selon le métier. Pour en savoir plus sur les modalités pratiques, consultez notre article dédié au recrutement de travailleurs roumains via une agence spécialisée.
Foire aux questions
Quelles sont les règles de détachement applicables aux travailleurs roumains en France ?
En France, les règles de détachement applicables aux travailleurs roumains reposent sur la directive 96/71/CE et sa révision de 2018. Le travailleur détaché doit bénéficier du socle social français : rémunération au moins égale au SMIC, temps de travail, congés payés et exigences de santé et de sécurité. En pratique, la référence de 35 heures hebdomadaires s’applique dans ce cadre.
La mission peut durer 12 mois. Une prolongation de 6 mois est possible après notification, soit 18 mois au total. Au-delà, le droit local devient applicable. Côté conformité légale, l’employeur doit effectuer la déclaration SIPSI avant le début du séjour professionnel et obtenir le formulaire A1 auprès des autorités roumaines.
Les ressortissants roumains ont-ils besoin d’une autorisation de travail ou d’un titre de séjour pour travailler en France ?
Non. Depuis le 1er janvier 2014, les ressortissants roumains bénéficient de la libre circulation au sein de l’Union européenne. Pour les Roumains en France, aucune autorisation de travail ni titre de séjour spécifique n’est exigé pour exercer une activité professionnelle. Un passeport ou une carte d’identité roumaine en cours de validité suffit.
L’employeur applique le même droit social, les mêmes cotisations et les règles habituelles de contrat de travail. Hors situation de travailleur détaché, il n’existe pas de démarche supplémentaire liée à la nationalité dans le cadre du recrutement.
Quelles sanctions encourt un employeur qui ne respecte pas la conformité légale lors du recrutement de salariés roumains ?
En cas de manquement à la conformité légale, l’employeur s’expose à une amende de 4 000 euros par salarié, portée à 8 000 euros en cas de récidive. L’inspection du travail peut aussi ordonner l’arrêt immédiat de l’activité. Dans certains cas, l’entreprise peut être inscrite sur une liste noire des employeurs frauduleux.
La responsabilité solidaire du donneur d’ordre peut être engagée si un sous-traitant ne respecte pas ses obligations. Pour sécuriser le recrutement de travailleurs roumains, il faut donc fiabiliser chaque étape : vérification des documents, contrat de travail, déclarations requises et respect des règles de détachement lorsqu’elles s’appliquent.





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