Sommaire
Le besoin en main-d’œuvre pour 2026 recule, mais de nombreux postes restent difficiles à pourvoir. L’enquête BMO 2026 de France Travail renseigne sur le volume des projets, les secteurs et les métiers qui recrutent, les tensions et les écarts entre régions, autant de repères utiles pour préparer vos embauches.
Combien de recrutements sont prévus en 2026 ?
L’enquête BMO 2026 de France Travail recense 2 279 500 projets de recrutement. Ces chiffres traduisent des intentions d’embauche déclarées par les employeurs, et non des embauches déjà réalisées. Vous disposez ainsi d’une photographie des besoins prévus pour l’année, utile pour anticiper la concurrence entre recruteurs.

Des projets en baisse, mais un recul moins marqué
Le volume prévu reste supérieur à 2,2 millions de projets, malgré une nouvelle baisse. Le ralentissement s’atténue toutefois d’une année sur l’autre, ce qui suggère une stabilisation progressive des intentions des employeurs.
- BMO 2024 : 2 781 690 projets recensés.
- BMO 2025 : 2 433 020 projets, soit un recul de 12,5 %.
- BMO 2026 : 2 279 500 projets, soit un recul de 6,5 %.
- Écart sur un an : environ 158 000 projets de moins qu’en 2025.
Difficultés, saisonnalité et taille des employeurs
Selon France Travail, 43,8 % des projets sont jugés difficiles par les employeurs en 2026. Cette part atteignait 50,1 % en 2025 et 57,4 % en 2024.
Les recrutements saisonniers progressent en revanche. Ils représentent 32,2 % des projets en 2026, contre 29,8 % dans la BMO 2024.
Deux recrutements sur trois sont prévus dans les TPE-PME. Les projets baissent de 6,5 % dans les entreprises de 0 à 9 salariés et de 5,8 % dans celles de 10 à 49 salariés. Le recul atteint 12,8 % dans les entreprises de plus de 200 salariés.
Ce que mesure réellement la BMO
L’enquête a été conduite d’octobre à décembre 2025. Près de 1,8 million d’établissements ont été sollicités et plus de 416 000 réponses ont été exploitées. France Travail a ensuite redressé les résultats pour représenter l’ensemble du champ couvert.
Un projet BMO peut correspondre à une création de poste ou à un remplacement, permanent ou temporaire. Il ne se confond pas avec les 2,4 millions de nouvelles offres diffusées par France Travail au premier trimestre 2026, qui relèvent d’une autre période. De même, l’emploi salarié a reculé de 72 500 postes sur un an au deuxième trimestre 2026, soit 0,3 %, d’après l’estimation de l’emploi salarié de l’Insee.
Quels secteurs et métiers recrutent le plus ?
Les secteurs d’activité ne pèsent pas tous le même poids dans le recrutement en 2026. Quelques grands ensembles, de la santé à l’hébergement-restauration, concentrent une large part des projets, avec des niveaux de saisonnalité très différents.

Les premiers secteurs par volume de projets
La santé humaine et l’action sociale arrivent en tête du tableau sectoriel de France Travail, avec 320 590 projets d’embauche. Seuls 14,3 % de ces projets sont saisonniers, ce qui traduit surtout des besoins durables.
Parmi les secteurs qui recrutent en 2026, l’hébergement-restauration suit de très près avec 319 010 projets. La restauration se distingue toutefois par sa saisonnalité, qui concerne 56,0 % des projets. Les services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien comptent 300 580 projets, dont 22,2 % saisonniers.
| Secteur | Projets en 2026 | Part saisonnière |
| Santé humaine et action sociale | 320 590 | 14,3 % |
| Hébergement-restauration | 319 010 | 56,0 % |
| Services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien | 300 580 | 22,2 % |
Ce classement par volume ne dit rien de la difficulté à pourvoir les postes. Une analyse détaillée des secteurs et métiers en tension complète cette lecture en croisant volume et difficulté.
Commerce, industrie et activités de terrain
Le commerce et la distribution représentent environ 264 400 projets, en baisse de 9,2 % sur un an. Le seul commerce de détail en compte 169 090. L’industrie totalise environ 211 000 projets, en recul de 2,4 %, dont 74 530 dans l’industrie agroalimentaire.
L’agriculture prévoit 193 400 projets, dont 85,6 % saisonniers. La construction en compte 139 670, et les transports et l’entreposage 82 240, selon les lignes sectorielles de la BMO.
Les métiers qui concentrent les embauches
Selon France Travail, les aides de cuisine et employés polyvalents de restauration concentrent 97 320 projets en 2026. Les serveurs de cafés-restaurants suivent avec 94 060 projets.
Les métiers agricoles arrivent ensuite, avec une saisonnalité très forte. Les viticulteurs et arboriculteurs comptent 83 880 projets, dont 95,2 % saisonniers. Les agriculteurs en comptent 82 010, dont 83,0 % saisonniers.
Les agents d’entretien de locaux représentent 81 380 projets, et les aides à domicile et auxiliaires de vie 69 560. Les aides-soignants totalisent 62 270 projets, et les employés de libre-service 59 990.
Quels métiers sont les plus difficiles à recruter ?
Les difficultés de recrutement se concentrent sur des métiers qualifiés, souvent techniques. Le BTP, l’industrie, la santé et plusieurs métiers de bouche affichent des parts de projets jugés difficiles nettement supérieures à la moyenne nationale.
Les tensions dans le BTP et l’industrie
Dans la construction, 65,2 % des projets sont jugés difficiles en 2026, contre 72,7 % en 2024. La métallurgie et les produits métalliques comptent 21 650 projets, dont 66,0 % jugés difficiles, contre 69,4 % en 2024. Certains métiers restent bien au-delà de ces moyennes.
- Ouvriers qualifiés en conduite d’équipement d’usinage : 80,4 % des projets jugés difficiles.
- Couvreurs : 79,6 %, devant les charpentiers métal et bois à 74,7 %.
- Ouvriers en chaudronnerie et tôlerie : 77,6 %.
- Soudeurs : 71,2 %.
Les profils industriels de cette liste correspondent aux métiers couverts par notre service d’intérim pour l’industrie : soudure, production et maintenance, avec des ouvriers roumains qualifiés et francophones.
Les postes difficiles dans les services
Dans la santé humaine et l’action sociale, 53,8 % des projets sont jugés difficiles en 2026. La part atteint 78,7 % pour les médecins et 62,3 % pour les aides à domicile et auxiliaires de vie. Elle s’élève à 56,5 % pour les aides-soignants.
Les métiers de bouche sont également concernés. Les projets de recrutement de bouchers sont jugés difficiles à 73,9 %, ceux de chefs cuisiniers à 72,0 % et ceux de cuisiniers à 57,6 %.
Dans le commerce et la réparation automobile, 66,4 % des projets sont jugés difficiles. La proportion atteint 72,3 % pour les ouvriers mécaniciens de véhicules.
Pourquoi ces recrutements restent-ils difficiles ?
Dans la présentation nationale de la BMO 2026, 84 % des recruteurs évoquent des profils inadéquats et 82 % un nombre trop faible de candidats. Ils sont 39 % à citer des conditions de travail défavorables, qui pèsent sur l’attractivité des postes.
Selon la Dares, six métiers sur dix présentaient une tension forte ou très forte en 2024, contre sept sur dix en 2023. Son indicateur, distinct des pourcentages BMO, pondère à 30 % le rapport offres-demandeurs d’emploi et à 20 % l’écoulement de la demande. La part des recrutements difficiles compte pour 50 %. Ces tensions de recrutement ne se confondent pas avec la liste administrative des métiers en tension, modifiée par l’arrêté du 21 mai 2025 entré en vigueur le 23 mai 2025. Cette liste dépend du métier et du territoire pour certaines règles d’autorisation de travail sur le marché du travail français.
Où se concentrent les recrutements en 2026 ?
Toutes les régions enregistrent un recul des projets en 2026. Les évolutions vont de −12,7 % en Guyane et −11,8 % en Île-de-France à −0,1 % en Bretagne. Le volume, la difficulté et la saisonnalité varient fortement d’un territoire à l’autre.

Les régions aux plus grands volumes
L’Île-de-France compte 388 806 projets de recrutement, dont 35,6 % jugés difficiles. Seuls 11,3 % de ces projets sont saisonniers, selon la BMO.
L’Auvergne-Rhône-Alpes totalise 255 407 projets, dont 47,8 % jugés difficiles et 33,3 % saisonniers. Dans cette région, 24 % des établissements envisagent de recruter.
Les autres grands pôles régionaux
La Nouvelle-Aquitaine prévoit 248 798 projets, dont 49,8 % jugés difficiles et 43,0 % saisonniers. La Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 214 180 projets, dont 38,3 % jugés difficiles. L’Occitanie en compte 200 470, dont 40,7 % jugés difficiles.
Le Grand Est totalise 162 940 projets et les Pays de la Loire 154 890. Les Hauts-de-France en comptent 151 279 et la Bretagne 131 700. La Normandie ferme la marche des grandes régions métropolitaines citées avec 100 692 projets.
Les écarts entre bassins et métiers
À l’échelle du bassin d’emploi, Paris (T1) concentre 118 870 projets en 2026. Suivent Toulouse avec 41 210 et Bordeaux avec 41 170. Nantes compte 33 500 projets et Lille 29 730.
Les saisonniers représentent 45,9 % des projets dans le bassin de Toulon, contre 13,5 % à Lyon Centre : une moyenne régionale ne décrit donc pas chaque bassin. Dans la construction, la part des projets jugés difficiles atteint 75,8 % dans les Pays de la Loire et 75,1 % en Bretagne. Elle s’élève à 73,9 % en Auvergne-Rhône-Alpes, contre 46,4 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Comment utiliser la BMO pour préparer ses embauches ?
La BMO 2026 devient un outil de pilotage dès que vous la rapprochez de vos propres besoins. Elle permet de cibler les postes, d’élargir le vivier de candidats et de choisir un mode de renfort adapté.
Cibler le besoin avant de recruter
Un employeur peut interroger la BMO par métier, secteur et bassin d’emploi, jusqu’aux 406 bassins du découpage de France Travail. Pour hiérarchiser vos postes, nous vous conseillons de croiser plusieurs indicateurs, car chacun décrit une dimension différente du marché du travail.
- Volume de projets : il mesure la concurrence entre recruteurs sur un même métier.
- Part jugée difficile : elle signale les postes où il faut anticiper davantage.
- Saisonnalité : elle indique si le besoin est ponctuel ou durable.
- Disponibilité locale : elle dit si les candidats existent dans votre bassin.
Définissez ensuite les compétences requises, la date de prise de fonction et la durée du contrat. Pour les saisonniers, vérifiez aussi la disponibilité pendant toute la mission, les déplacements et l’accès au logement.
Élargir et préparer le vivier de candidats
Pour un poste difficile à pourvoir, distinguez les compétences indispensables dès l’entrée de celles qui peuvent s’acquérir, puis réexaminez vos critères de sélection. La méthode de recrutement par simulation de France Travail évalue les habiletés utiles au poste plutôt que le seul diplôme. La préparation opérationnelle à l’emploi individuelle peut former un candidat avant l’embauche jusqu’à 450 heures, ou 600 heures pour certains publics prioritaires. Un tutorat utilisé seul est limité à 300 heures.
Adapter les effectifs dans un cadre légal
Chez Adequat-interim, nous sélectionnons à Bucarest des travailleurs roumains qualifiés et francophones, dont nous contrôlons les qualifications et accompagnons l’intégration. Nous intervenons notamment dans la construction, via notre intérim pour la construction et le BTP, dans l’industrie et dans l’intérim pour la logistique.
Une mission d’intérim répond à une tâche précise et temporaire, selon les articles L. 1251-5 à L. 1251-8 du Code du travail. Elle ne peut pourvoir durablement un emploi lié à l’activité permanente de l’entreprise utilisatrice. Un citoyen de l’Union européenne peut en principe travailler en France sans permis de travail. Le détachement, distinct d’une embauche directe, impose notamment les règles françaises de rémunération, de temps de travail et de sécurité.
Foire aux questions
Où en est la pénurie de main-d’œuvre en France en 2026 ?
En janvier 2026, 38,7 % des entreprises industrielles déclaraient des difficultés de recrutement, selon la Dares. La Dares comptait six métiers sur dix en tension forte ou très forte en 2024, contre sept sur dix en 2023. Pour les trente métiers les plus tendus, le vivier reste insuffisant, souvent en raison d’exigences de formation spécifiques.
Un projet de recrutement jugé difficile dans la BMO restera-t-il vacant ?
Pas nécessairement. La part des projets jugés difficiles ne mesure ni un taux d’échec ni la proportion de postes qui resteront vacants. Projets BMO, offres diffusées, embauches réalisées et abandons ont des périmètres différents : leurs volumes ne s’additionnent pas.
Recruter sur un métier difficile selon la BMO ouvre-t-il droit à une aide à l’embauche ?
Non, pas automatiquement. Un métier recherché ou difficile à recruter dans la BMO ne déclenche aucune aide en soi. Nous vous recommandons de vérifier séparément les critères du dispositif envisagé.
Quelles indemnités et quel délai de carence prévoir pour une mission d’intérim ?
L’indemnité de fin de mission est en principe égale à 10 % de la rémunération brute totale due (article L. 1251-32 du Code du travail). L’indemnité de congés payés ne peut en principe être inférieure à 10 % de la rémunération brute perçue (article L. 1251-19). Sauf règle conventionnelle ou exception légale, la carence équivaut au tiers du contrat expiré s’il dure au moins 14 jours, sinon à la moitié.
Quelles vérifications faire avant d’employer un travailleur européen en France ?
Vérifiez la nationalité et le statut professionnel : un titre de séjour délivré par un autre pays de l’Union ne donne pas, à lui seul, un droit général à l’embauche directe. En cas de détachement, le salarié reste employé par son entreprise d’envoi, et une déclaration préalable via SIPSI est généralement requise, sauf exceptions.





No responses yet